France Identité : 5 millions d’utilisateurs piégés dans le système de surveillance d’État

France Identité : 5 millions d’utilisateurs piégés dans le système de surveillance d’État

À peine deux ans après son lancement au grand public, l’application France Identité franchit un cap symbolique : plus de 5 millions d’utilisateurs. Le gouvernement y voit un succès. Les citoyens, eux, confient massivement leurs données biométriques et documentaires à une administration qui accumule les débâcles cyber à un rythme inédit.

Cette expansion spectaculaire intervient dans un contexte qui ressemble à un cauchemar administratif. La France est aujourd’hui le pays le plus attaqué et le plus compromis d’Europe en 2026. Depuis janvier 2026, la France cumule plus de 300 services piratés et 250 millions de données exposées.

L’illusion de la centralisation sécurisée

France Identité prétend simplifier la vie des citoyens en concentrant l’accès aux services publics numériques. En réalité, elle matérialise une contradiction fondamentale : plus les données sont centralisées, plus la cible devient attrayante pour les attaquants, et plus les failles de l’État deviennent catastrophiques pour les utilisateurs.

L’Agence nationale des titres sécurisés gère les passeports, les cartes d’identité, les permis de conduire et les cartes grises de millions de Français. Le 15 avril 2026, son portail moncompte.ants.gouv.fr a été forcé. Le ministère de l’Intérieur a confirmé le 21 avril que 11,7 millions de comptes étaient concernés, soit près d’un Français sur six. Voilà le précédent immédiat qui devrait terrifier tout utilisateur de France Identité.

Depuis le début 2026, c’est une succession de catastrophes : le piratage de l’ANTS et ses 11,7 millions de comptes officiels exposés, la fuite d’ÉduConnect touchant 3,5 millions d’élèves, et, plus récemment, la compromission de Tchap, la messagerie chiffrée de l’État.

La fabrique d’insécurité gouvernementale

Ce qui rend cette situation particulièrement absurde, c’est que l’État française a choisit de centraliser toujours plus d’identifiants et de données sensibles dans ses applications tout en démontrant son incapacité chronique à les protéger. Depuis dix-huit mois, l’appareil administratif français perd les données de la population à un rythme sans équivalent en Europe.

Les raisons sont systémiques. Au moins une quinzaine de services opérés par l’État ou pour son compte auraient ainsi été touchés au cours de la seule année 2026, pour les seules attaques d’ampleur rendues publiques. Ce n’est pas un problème technique isolé. C’est un modèle de gestion défaillant qui se reproduit d’un ministère à l’autre.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu reconnaissait lui-même, fin avril, un rythme moyen de trois vols de données par jour visant des organismes publics ou privés en France. Trois par jour. Pendant que le gouvernement parlait de nouvelles agences de cybersécurité et de mesures de protection, il continuait de déployer des portails centralisant des millions de fichiers biométriques sans les défendre.

Une centralité vulnérable et inévitable

France Identité incarne cette contradiction insurmontable de l’État numérique français : il aspire à être un État régalien centralisateur, mais il ne possède ni les compétences, ni les ressources, ni la culture interne nécessaires pour gérer cette centralisation en toute sécurité. Chaque nouvelle application lancée avec fanfare devient une nouvelle cible.

Pour les 5 millions de Français qui utilisent déjà France Identité, le message est clair : vous avez confié au gouvernement vos données biométriques. L’État vient de vous prouver qu’il ne peut pas les garder. Et il compte bien vous en demander encore plus à l’avenir.