Canicule de juillet : quand la France se prépare à crever de chaud, le gouvernement compte sur les drones du 14 juillet
C’est un calendrier qui aurait du mal à être plus ironique. Alors que Météo-France annonce une nouvelle canicule pour juillet avec des températures dépassant les 38 à 40°C, le gouvernement prépare le spectacle du 13 juillet à Paris. Des drones, des hommages à la Marine nationale, l’optimisme habituel des débuts d’été : pendant ce temps, la vigilance orange est maintenue jusqu’à jeudi matin pour les Alpes-Maritimes, le Var et les départements de la Corse. On aime la France optimiste, mais on peut constater sans rougir qu’elle n’a jamais vraiment marché quand il s’agit d’anticiper une crise climatique.
Le thermomètre monte, les chiffres de confiance dégringolent
Depuis mai, les sondages respirent mal. La cote de popularité d’Emmanuel Macron recule pour se situer à 19% d’opinions favorables, soit un des niveaux les plus bas enregistrés, avec 77% d’opinions défavorables. Son Premier ministre Sébastien Lecornu ne vaut guère mieux : sa cote de popularité recule aussi à 24% en baisse de 4 points. Ces chiffres ne sortent pas de nulle part. Ils épousent une réalité que les Français ressentent : l’incapacité chronique de l’exécutif à répondre aux vrais défis.
Il suffit de relire le discours officiel : on appelle les forces politiques à « se saisir » de la transition écologique, on parle de « cohésion territoriale » et de « pouvoir d’achat ». Des mots, toujours des mots. Pendant ce temps, une canicule s’annonce, les gens creusent des factures énergétiques monstres, et le gouvernement lance des minauderies sondagières pour redorer son blason avant 2027.
Le Rassemblement National gagne pendant que le centre s’endort
À dix mois de la présidentielle, le tableau politique reste éclairant. Ce sont toujours les personnalités du Rassemblement National qui susciteraient le plus de satisfaction en cas d’accession à la présidence de la République. Jordan Bardella trône confortablement à 38%, quand Macron patauge à 19%. Marine Le Pen, elle, est à 35%.
Ce clivage révèle bien plus qu’une simple course à la présidence. Il crie l’épuisement d’un bloc central qui a gouverné sans vraiment transformer, régné sans oser, promis sans tenir. On ne renverse pas un président assis sur 19% de confiance. On l’efface en silence, on attend que l’électeur comprenne seul ce que tout le monde sait déjà : que les Macron, c’est fini avant même que ce ne soit vraiment commencé.
Une France qui souffre tandis que le spectacle continue
La canicule n’est que le symptôme le plus voyant. Les surveillants comme les directeurs de prison alertent sans relâche sur un système pénitentiaire au bord de l’explosion. L’Église elle-même se fracture : le Vatican et la Fraternité Saint-Pie X s’affrontent publiquement. Les urgences débordent. Le déclassement de la protection sociale progresse silencieusement. Et pendant ce temps, on peint des drones en bleu blanc rouge.
Les Français ne demandaient pas la perfection. Ils auraient juste voulu qu’on reconnaisse les problèmes, qu’on les traite franchement, sans ce vernis communicationnel permanent. Mais non. On continue. On inaugure. On organise des spectacles et on espère que ça tiendra jusqu’en 2027. C’est de la politique au-delà de la politique : c’est un refus de réalité.